Je suis maquilleuse

jennifer mulertt par caroline guérin

 

Aussi petit et humble soit-il, mon blog n’est pas lu que par mes amies et je peux comprendre qu’on s’interroge sur la personne derrière le clavier qui prodigue avis et conseils à tour de bras sur tout ce qui lui passe sous la main. En l’occurrence, ici des produits cosmétiques.

Cela ne me dérange pas de me dévoiler un peu car ça tombe bien, mon métier est complètement lié à mon activité de blogueuse.

Je suis en effet maquilleuse depuis plus de 10 ans sur Paris et ses alentours.

Ma passion est donc mon activité professionnelle et pour être complètement clair, elle est ma source de revenu.

J’ai commencé en 2004, très simplement en participant à des court-métrages et séances photos non rémunérées sur la base de la collaboration, un mot qu’on finit par détester mais il faut bien commencer! Certaines se demandent peut-être pourquoi cette étape est indispensable.

Déjà parce que le book que j’avais en sortant de l’école en aucun cas ne risquait d’intéresser de potentiels employeurs. En effet, je n’avais que des photos non retouchées car le but de celles-ci étaient de juger la qualité de mon travail et non celle du photographe. En plus, il comportait des photos illustrant mon travail dans la mode, le cinéma, le théâtre ou encore les effets spéciaux. Le tout mis ensemble, ca fait un peu fouillis, quand on montre son book à un photographe de mode, cela a plutôt tendance à te décrédibiliser tes photos de ta pote d’école avec des vieillissements à 40ans et 60ans, sans parler de la photo maquillage enfant réalisée encore sur une autre pote parce que tu n’avais pas d’enfant de moins de 5 ans paralysé à te mettre sous la main!

Ensuite, avant de briguer des contrats  payés, il faut faire ses preuves et le maquillage fait vraiment parti de ses professions ou les techniques et les produits évoluent en permanence et surtout ou la concurrence est très rude, il faut donc se présenter avec une assurance et un book en béton armé si on veut vraiment être prise au sérieux. Cela d’autant  plus si vous faites votre école jeune et que vous vous retrouvez sur le marché du travail à 20 ans à devoir vous vendre en tant que maquilleuse free lance.

 

Comme beaucoup de mes collègues, ça m’a pris du temps avant d’être satisfaite de mon book, donc heureusement en attendant, il y a le bouche à oreille qui fonctionne et il arrive qu’une personne sur un shooting ou un tournage se rappelle de toi quand il a un plan boulot parce qu’il a été satisfait de ton travail mais aussi parce qu’il a apprécié ton attitude.

Vous comprenez bien que cela ne se fait pas en un jour, et il reste la très pertinente question des revenus et des factures à payer! J’ai fais le choix de prendre mon indépendance rapidement après la fin de mes études donc pour pouvoir payer mon loyer, j’ai pris l’option très partagée chez les maquilleuses ou autres comédiens, techniciens etc… de la restauration. J’ai bossé dans plein de bars/discothèques/restos de préférence le soir voir même la nuit sur des périodes plus ou moins longues et à tous les postes possibles. En gros, dès que le besoin s’en faisait sentir, je prenais ce qui me tombait sous la main.

Ce qui permet d’avoir ses journées de libre et continuer à accepter certaines collaborations quand celles-ci semblent intéressantes et surtout ne pas stresser avec le peu de thune que l’on gagne certains mois.

Car comme je ne l’ai pas encore dit, je me suis orientée vers l’univers de la mode et beauté ou en a rarement des boulots qui excédent quelques jours.

Pour résumer les 6 premières années, j’ai bossé  avec un tas de photographe, visité tous les studios accessibles uniquement en RER, et bossé par la même occasion avec un paquet de mannequins différentes. J’ai aussi expérimenté les joies des petites productions qui te font bosser sur des clips avec une micro paye mais des journées à rallonge, les boulots auxquels, je n’avais jamais pensé comme maquiller régulièrement des hommes politiques sur des congrès ou les films institutionnels dont je n’ai jamais vu le résultat. N’oublions pas les heures de dure labeur sur des maquillages enfants ou j’ai passé la journée le dos cassé à faire des Spiderman ou autres princesses et l’immuable soirée Halloween en boite de nuit ou j’ai traqué un long moment le patron de la boite pour me faire payer. Et en bonus, toutes les presta sur les particuliers, que ce soit des maquillages mariées ou des relookings, on passe une énergie folle à justifier ses tarifs.

Puis en 2010, j’ai ajouté une nouvelle option à mon activité de maquilleuse…

La suite dans le prochain article!