Archives de catégorie : A Make Up Artist’s Diary

Sephora ou Selfridges

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Je suis à Londres depuis plus de 3 mois et je commence à diversifier mes activités. Ce début de semaine, je l’ai passée à Selfridges, pour participer à « the induction », une sorte de formation générale du magasin à laquelle sont conviés tous les collaborateurs, y compris ceux qui comme moi, vont travailler pour une marque.

J’ai en effet signé un contrat avec une marque de maquillage pour laquelle je vais travailler 2 jours par semaine mais là n’est pas le sujet de cet article.

J’ai été très intéressée de constater les différences dans le traitement des employés entre ce que j’ai pu expérimenter ici ces 2 derniers jours et mon parcours à Paris ou à travers les divers marques avec lesquelles j’ai travaillé, j’ai pu faire un tour d’horizon des différentes enseignes, à commencer par Sephora mais aussi les Galeries Lafayette, Marionnaud, Le Bon Marché ou Nocibé.

 

Une petite pensée d’ailleurs à toutes celles et ceux qui bossent en vente en cette période de l’année, je suis de tout coeur avec vous!

Je n’en ai pas parlé à l’époque mais il y a tout juste un an lorsque je travaillais pour Lipstick Queen sur les Champs (l’illustration de cet article est une photo souvenir de cette période), Sephora a décidé de me placer juste à coté du Stand Huda Beauty qui venait d’ouvrir. Le lancement de cette marque provoquait des queues interminables et des esprits qui s’échauffaient très vite car il n’y a rien de plus important dans la vie que d’acheter un rouge à lèvres liquide mat. A cette époque précise, j’étais pour faire court, traitée  comme de la merde par Sephora qui ne souciait absolument pas de mon bien être en magasin car je travaillais pour une marque qui ne leur rapportait pas beaucoup d’argent. Donc je pouvais être bousculée, sollicitée à longueur de journée sur une autre marque que la mienne, insultée par les clientes qui s’impatientaient dans la file pour Huda Beauty sans oublier bien sûr le simple fait que mon stand en devenait invisible et que cela me rendait la tache encore plus dure pour réussir mes ventes. Les responsables du magasin n’ont jamais lever le petit doigt.

Je ne sais bien sûr pas encore comment cela va se passer à Selfridges mais ces 2 jours de formation montrent déjà un peu plus une volonté d’homogénéiser les connaissances et les comportements entre les employés du magasin et ceux employés par les marques. Cela commence par le badge, en France quelque soit l’enseigne dans laquelle je suis intervenue, je devais toujours avoir un bagde fourni par ma marque avec sa dénomination clairement visible. Ici, ils nous ont tous attribué un Badge de l’enseigne avec notre nom. Clairement, ils n’encouragent pas les clients à différencier les représentants des marques avec ceux du magasin.

De même parce que je suis en contrat direct avec une marque et donc fixe, j’ai été formée à l’encaissement, en l’occurrence c’est souvent le cas aussi lorsqu’on travaille pour une marque dans un grand magasin en France type Printemps ou Galeries Lafayette mais certainement pas chez Sephora.

J’arrive aussi certainement au bon moment mais l’espace réservé aux employés a été rénové il n’y a pas très longtemps et donc, il y a des casiers pour tout le monde, des douches sont également à disposition, avec aussi sèche cheveux et lisseurs. En plus de la cantine d’entreprise, il y a un café juste à l’entrée. Pour avoir testé les enseignes précédemment citées, cela est de loin, le meilleur accueil. Pour rappel, au Sephora Champs Elysée qui est quand même le 2ème plus grand d’europe, la salle de pause pour les animateurs à la taille d’un studio, en revanche il sépare bien avec les employés Sephora qui eux ont leur casiers et espace de pause dans un autre bâtiment avec bien sûr plus d’espace.

Je vais certainement découvrir des petits couacs également chez Selfridges et je ne manquerais pas d’en faire part aussi ici mais la différence de traitement des prestataires est flagrante. Et ne nous méprenons pas, j’adore aller chez Sephora en tant que cliente car les marques que j’apprécie le plus s’y trouvent mais je pense vraiment qu’il y a un problème de respect entre les animateurs et la direction Sephora qui ont l’air plus soucieux de nous rendre la tache difficile que d’optimiser les ventes.

Étonnamment, le dress-code qui était une de mes grosses inquiétudes chez Selfridges est même moins strict que celui de Sephora puisque je n’ai même pas l’obligation d’avoir les cheveux attachés et encore moins l’obligation de le faire avec un accessoire noir.

Pour finir sur une touche plus fun, on a eu le droit au top 4 des pays dont les touristes dépensent le plus chez Selfridges et sans surprise on retrouve dans le top 3 la Chine, les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite mais en 4ème ex-aequo on a le Nigéria et la Thailande. Qui l’euT cru?

 

Ma vie à Londres, le makeover studio!

too faced, sweet peach glow palette

 

Je n’ai pas posté depuis un petit moment, mais ce n’est pas rien de changer de pays! Je suis à Londres depuis une vingtaine de jours et j’ai déjà quelques réflexions et anecdotes à partager. On va procéder par ordre, sachez d’abord que j’ai trouvé un boulot de maquilleuse en free-lance pour un studio. C’est en quelques sortes un job alimentaire mais qui reste dans le maquillage et en tant que nouvelle arrivante, cette immersion dans l’anglais et les habitudes de maquillage des anglaises n’est pas inintéressant.

Le studio est un makeover studio, et ils sont légions à Londres, ou n’importe qui peut booker une séance photo, en général c’est pour s’offrir à titre personnel de jolies photos, cela peut se passer à plusieurs, donc des familles viennent aussi se faire tirer le portrait ou même encore des amis. Il y a une équipe complète, l’accueil, les commerciaux qui vendent les sessions photos, les standardistes qui appellent pour proposer les sessions, les photographes et bien sûr les maquilleuses, tout cela est un système bien rodé qui fonctionne 7/7 .

 

J’ai donc commencer à travailler dans ce studio, j’y ai déjà effectué quelques jours et cela m’a permit de constater plusieurs choses.

Mac est toujours très populaire en Angleterre, le studio fournit en effet les produits et se fournit à 100% dans cette marque. Ce qui est plutôt cool pour moi car bien sûr je la connais et je la pratique mais pas dans son intégralité donc je teste ainsi quelques produits.

On maquille plus ou moins les clientes à la chaine en fonction du nombre de réservation de la journée, on est minimum 3, maximum 4 maquilleuses et bien sûr, on s’occupe également de la coiffure. Et le premier truc que l’on m’a dit au sujet des cheveux, c’est comment reconnaître les poux ou les lentes! plutôt très cool comme compétence!! Cela n’arrive pas tous les jours mais au cas ou, on doit savoir et surtout ne pas toucher les cheveux de la personne en question et lui proposer de reprogrammer son shooting 15 jours plus tard quand elle aura traité ses cheveux!! Pareil pour les boutons fièvre sur la lèvre, si cela arrive, on lâche les pinceaux et on dit salut.

 

Mise à part ça, la demande pour les cheveux est pratiquement toujours la même: des boucles, et aux plaques s’il-vous-plait et bien serrées et après elles t’expliquent qu’elles adorent l’effet wavy! On a parfois moins de 30 minutes pour faire le maquillage et la coiffure donc quand elles arrivent avec leurs cheveux longs, épais et raides, on a un peu envie de s’ouvrir les veines.

Mais cet amour du faux naturel ne s’arrête pas là, en maquillage c’est pareil! Je me suis fait avoir les 2 ou 3 premières fois quand elles m’ont demandé un maquillage naturel, mais c’est fini. Naturel veut dire: fond de teint à la truelle, fards à paupières, trait d’eyeliner noir, une bonne couche d’highlighter et bien sur un rouge à lèvres mat sur les lèvres. Na-tu-rel! Une fois, cette vérité assimilée, je fais pratiquement la même chose quand elles me demandent un maquillage sophistiqué! Je propose juste les faux-cils en plus! (la photo illustre d’ailleurs l’idée d’un makeup naturel selon les anglaise, sur les lèvres, j’ai mis le gloss Melted Latex « I’m Bossy » de Too Faced, qui vous en conviendrez, est très discret!)

Car il y a apparemment 2 incontournables en maquillage pour les anglaises: le trait d’eyeliner noir et le mascara sur les cils du bas, chose que j’avoue ne pratiquement jamais faire et encore moins sur moi! Mais là, si je ne le fais pas spontanément, elles me regardent l’air super inquiet en me demandant pourquoi je ne fais pas les cils du bas. Elles sont aussi beaucoup plus habituées à l’highlighter que les françaises et demandent souvent à ce que l’effet soit plus fort, ce qui heureusement n’arrive jamais vraiment car les highlighter Mac, c’est franchement pas la folie. Et en plus, sur les peaux grasses avec des pores dilatés l’effet n’est pas toujours d’une classe incroyable.

 

Je sens que ce nouveau boulot va être une mine d’or pour les anecdotes de clientes plus ou moins relou et je m’arrête donc pour le moment à ces généralités constatés avant de rentrer plus en détails sur le comportement de certaines clientes.

Makeup au QG de campagne d’un candidat à la presidentielle

via GIPHY

 

Comme cela m’arrive de temps à autres, je fais des prestations makeup en free lance auprès de particuliers ou comme le cas qui nous intéresse aujourd’hui auprès d’une personnalité connue. J’en avais déjà eu l’occasion par le passé mais plutôt lors de meetings ou j’avais plusieurs personnes à maquiller mais le cadre et mon employeur était toujours extérieur. La, ce qui change un peu, c’est que c’était directement avec le cabinet de la personnalité.

Donc c’est bien sûr un homme politique connu mais je ne vais pas donner son nom car je ne lui pas demandé son accord avant d’écrire cet article et au cas ou son staff fait des vérification sur ce qui est publié sur lui en ligne (ce qui est fort probable), je ne veux pas de problème!

 

Ce genre de plan boulot n’est évidemment par ce qui m’a donné envie de me lancer dans le maquillage car concrètement, il n’y a pas grand chose à faire, et le peu qu’il y a à faire n’est vraiment pas artistique. C’est en gros un maquillage naturel pour la télévision donc il doit vraiment être imperceptible, on appelle ça du « grooming » et cela concerne principalement nos clients masculins. Mais cela fait gagner des sous et si cela se passe bien, cela peut devenir des prestations régulières pas trop mal payées et vraiment pas fatigantes. Le travail de relationnel compte tout autant que les qualités techniques de maquilleuse.

En l’occurrence, c’est le plan d’une amie maquilleuse qui m’a demandé de la remplacer sur une prestation. Il est toujours important d’avoir des amies qui peuvent nous dépanner car si c’est le client qui doit chercher par lui-même un autre prestataire, celui-ci risque de nous piquer définitivement le plan alors que si on est capable de fournir une alternative, on reste  dans les petits papiers. Je l’ai donc remplacé à l’occasion d’une interview télévisée que devait accomplir le candidat et le maquillage avait lieu dans son QG de campagne à ne pas confondre avec le siège de son parti, ce sont 2 endroits bien différents avec des personnes dédiées aux besoins et planning du candidat.

Le rendez-vous a été pris bien 3 semaines à l’avance avec indications précises sur l’horaire et le lieu et une petite request un peu surprenante, il fallait que je laisse mon paquet de lingettes démaquillantes à leur disposition. Cela ne me pose pas de problème particulier car pour le peu de maquillage qu’il y avait à enlever après, j’avais prévu un paquet de lingette le plus bon marché possible. Il n’y a que quand je dois démaquiller plusieurs fois la même personne sur une longue période que je prévois quelque chose de plus qualitatif car cela influe réellement sur la qualité de la peau. D’ailleurs, au passage, je ne recommande pas les lingettes démaquillantes en usage quotidien, cela doit rester de l’appoint, la peau est bien plus jolie avec un démaquillant et une lotion digne de ce nom.

Mais revenons à ma petite histoire, je suis bien sûr arrivée à l’heure et j’ai patienté une petite dizaine de minutes dans la salle d’attente. Cela m’a permis d’assister à un moment  de vie professionnelle probablement très épanouissant de la secrétaire qui doit se montrer très diplomate avec les gentils potentiels donateurs de la campagne présidentielle. Celui-ci était un homme d’âge mûr qui venait juste se renseigner et au moment de prendre congé, il avait clairement un problème avec le fait « d’obéir » à la secrétaire beaucoup plus jeune que lui et beaucoup plus femme également que lui donc il a décidé de trainer dans la salle d’attente et lire les journaux pendant quelques minutes juste pour pouvoir se dire qu’il était parti quand lui l’avait décidé. La sagesse, c’est pas forcément un truc de vieux.

 

Enfin, le candidat est là, on me dit ou m’installer et je le maquille en 3 minutes chrono puisqu’encore une fois, le service minimum est requis pour ce genre de presta, petite surprise, je dois maquiller un de ses collaborateurs, ce n’était pas annoncé dès le départ mais vu le peu de produits et le peu de temps que cela me prend, je ne fais pas d’histoire pour rien et enchaine avec le deuxième.

Je ramène le précieux paquet de lingettes démaquillantes à la secrétaire et au moment de prendre congé, un des conseillers me demande à son bureau pour un service de la plus grande importance. Il voudrait que je lui dresse une liste de produits de première urgence si il faut que la personnalité politique a une apparition télévisée de dernière minute et qu’il n’y a donc pas le temps de faire appel à une maquilleuse.

Je ne sais pas qui se chargera de ça si jamais cela se produit mais je propose tout de même une toute petite sélection de produits. En résumé, je pars du principe qu’on est au niveau zéro de la notion en maquillage. En premier, je recommande l’achat de papiers de soie matifiants, l’avantage, c’est qu’on ne peut pas se rater puisqu’il ne s’agit pas d’appliquer quoique ce soit mais juste de retirer l’excès de seébum et empêche ainsi la peau de briller. En deuxième, un bronzer mat avec un pinceau kabuki rétractable. J’ai lourdement insister sur le mat car beaucoup de poudres de soleil sont irisées donc sur un homme qui essaie de faire croire qu’il n’a rien sur le visage, c’est mort. Et le pinceau rétractable, c’est pour le coté hygiène car je me doute bien que le pinceau va un peu trainer n’importe ou lorqu’il ne sera pas utilisé.

D’un coup je me suis sentie hyper impliquée dans la campagne présidentielle! L’expérience en générale a été plutôt agréable et m’a un peu réconcilié avec les hommes politiques et leurs peaux car, par le passé, j’en ai eu beaucoup de plus de 50 ans avec une peau sèche, terne et avec des points noirs clairement là depuis plusieurs décennies. Rien de tout cela n’a effleuré mon pinceau fond de teint ce jour là.