Archives de catégorie : A Make Up Artist’s Diary

Ma vie à Londres, le makeover studio!

too faced, sweet peach glow palette

 

Je n’ai pas posté depuis un petit moment, mais ce n’est pas rien de changer de pays! Je suis à Londres depuis une vingtaine de jours et j’ai déjà quelques réflexions et anecdotes à partager. On va procéder par ordre, sachez d’abord que j’ai trouvé un boulot de maquilleuse en free-lance pour un studio. C’est en quelques sortes un job alimentaire mais qui reste dans le maquillage et en tant que nouvelle arrivante, cette immersion dans l’anglais et les habitudes de maquillage des anglaises n’est pas inintéressant.

Le studio est un makeover studio, et ils sont légions à Londres, ou n’importe qui peut booker une séance photo, en général c’est pour s’offrir à titre personnel de jolies photos, cela peut se passer à plusieurs, donc des familles viennent aussi se faire tirer le portrait ou même encore des amis. Il y a une équipe complète, l’accueil, les commerciaux qui vendent les sessions photos, les standardistes qui appellent pour proposer les sessions, les photographes et bien sûr les maquilleuses, tout cela est un système bien rodé qui fonctionne 7/7 .

 

J’ai donc commencer à travailler dans ce studio, j’y ai déjà effectué quelques jours et cela m’a permit de constater plusieurs choses.

Mac est toujours très populaire en Angleterre, le studio fournit en effet les produits et se fournit à 100% dans cette marque. Ce qui est plutôt cool pour moi car bien sûr je la connais et je la pratique mais pas dans son intégralité donc je teste ainsi quelques produits.

On maquille plus ou moins les clientes à la chaine en fonction du nombre de réservation de la journée, on est minimum 3, maximum 4 maquilleuses et bien sûr, on s’occupe également de la coiffure. Et le premier truc que l’on m’a dit au sujet des cheveux, c’est comment reconnaître les poux ou les lentes! plutôt très cool comme compétence!! Cela n’arrive pas tous les jours mais au cas ou, on doit savoir et surtout ne pas toucher les cheveux de la personne en question et lui proposer de reprogrammer son shooting 15 jours plus tard quand elle aura traité ses cheveux!! Pareil pour les boutons fièvre sur la lèvre, si cela arrive, on lâche les pinceaux et on dit salut.

 

Mise à part ça, la demande pour les cheveux est pratiquement toujours la même: des boucles, et aux plaques s’il-vous-plait et bien serrées et après elles t’expliquent qu’elles adorent l’effet wavy! On a parfois moins de 30 minutes pour faire le maquillage et la coiffure donc quand elles arrivent avec leurs cheveux longs, épais et raides, on a un peu envie de s’ouvrir les veines.

Mais cet amour du faux naturel ne s’arrête pas là, en maquillage c’est pareil! Je me suis fait avoir les 2 ou 3 premières fois quand elles m’ont demandé un maquillage naturel, mais c’est fini. Naturel veut dire: fond de teint à la truelle, fards à paupières, trait d’eyeliner noir, une bonne couche d’highlighter et bien sur un rouge à lèvres mat sur les lèvres. Na-tu-rel! Une fois, cette vérité assimilée, je fais pratiquement la même chose quand elles me demandent un maquillage sophistiqué! Je propose juste les faux-cils en plus! (la photo illustre d’ailleurs l’idée d’un makeup naturel selon les anglaise, sur les lèvres, j’ai mis le gloss Melted Latex « I’m Bossy » de Too Faced, qui vous en conviendrez, est très discret!)

Car il y a apparemment 2 incontournables en maquillage pour les anglaises: le trait d’eyeliner noir et le mascara sur les cils du bas, chose que j’avoue ne pratiquement jamais faire et encore moins sur moi! Mais là, si je ne le fais pas spontanément, elles me regardent l’air super inquiet en me demandant pourquoi je ne fais pas les cils du bas. Elles sont aussi beaucoup plus habituées à l’highlighter que les françaises et demandent souvent à ce que l’effet soit plus fort, ce qui heureusement n’arrive jamais vraiment car les highlighter Mac, c’est franchement pas la folie. Et en plus, sur les peaux grasses avec des pores dilatés l’effet n’est pas toujours d’une classe incroyable.

 

Je sens que ce nouveau boulot va être une mine d’or pour les anecdotes de clientes plus ou moins relou et je m’arrête donc pour le moment à ces généralités constatés avant de rentrer plus en détails sur le comportement de certaines clientes.

Makeup au QG de campagne d’un candidat à la presidentielle

via GIPHY

 

Comme cela m’arrive de temps à autres, je fais des prestations makeup en free lance auprès de particuliers ou comme le cas qui nous intéresse aujourd’hui auprès d’une personnalité connue. J’en avais déjà eu l’occasion par le passé mais plutôt lors de meetings ou j’avais plusieurs personnes à maquiller mais le cadre et mon employeur était toujours extérieur. La, ce qui change un peu, c’est que c’était directement avec le cabinet de la personnalité.

Donc c’est bien sûr un homme politique connu mais je ne vais pas donner son nom car je ne lui pas demandé son accord avant d’écrire cet article et au cas ou son staff fait des vérification sur ce qui est publié sur lui en ligne (ce qui est fort probable), je ne veux pas de problème!

 

Ce genre de plan boulot n’est évidemment par ce qui m’a donné envie de me lancer dans le maquillage car concrètement, il n’y a pas grand chose à faire, et le peu qu’il y a à faire n’est vraiment pas artistique. C’est en gros un maquillage naturel pour la télévision donc il doit vraiment être imperceptible, on appelle ça du « grooming » et cela concerne principalement nos clients masculins. Mais cela fait gagner des sous et si cela se passe bien, cela peut devenir des prestations régulières pas trop mal payées et vraiment pas fatigantes. Le travail de relationnel compte tout autant que les qualités techniques de maquilleuse.

En l’occurrence, c’est le plan d’une amie maquilleuse qui m’a demandé de la remplacer sur une prestation. Il est toujours important d’avoir des amies qui peuvent nous dépanner car si c’est le client qui doit chercher par lui-même un autre prestataire, celui-ci risque de nous piquer définitivement le plan alors que si on est capable de fournir une alternative, on reste  dans les petits papiers. Je l’ai donc remplacé à l’occasion d’une interview télévisée que devait accomplir le candidat et le maquillage avait lieu dans son QG de campagne à ne pas confondre avec le siège de son parti, ce sont 2 endroits bien différents avec des personnes dédiées aux besoins et planning du candidat.

Le rendez-vous a été pris bien 3 semaines à l’avance avec indications précises sur l’horaire et le lieu et une petite request un peu surprenante, il fallait que je laisse mon paquet de lingettes démaquillantes à leur disposition. Cela ne me pose pas de problème particulier car pour le peu de maquillage qu’il y avait à enlever après, j’avais prévu un paquet de lingette le plus bon marché possible. Il n’y a que quand je dois démaquiller plusieurs fois la même personne sur une longue période que je prévois quelque chose de plus qualitatif car cela influe réellement sur la qualité de la peau. D’ailleurs, au passage, je ne recommande pas les lingettes démaquillantes en usage quotidien, cela doit rester de l’appoint, la peau est bien plus jolie avec un démaquillant et une lotion digne de ce nom.

Mais revenons à ma petite histoire, je suis bien sûr arrivée à l’heure et j’ai patienté une petite dizaine de minutes dans la salle d’attente. Cela m’a permis d’assister à un moment  de vie professionnelle probablement très épanouissant de la secrétaire qui doit se montrer très diplomate avec les gentils potentiels donateurs de la campagne présidentielle. Celui-ci était un homme d’âge mûr qui venait juste se renseigner et au moment de prendre congé, il avait clairement un problème avec le fait « d’obéir » à la secrétaire beaucoup plus jeune que lui et beaucoup plus femme également que lui donc il a décidé de trainer dans la salle d’attente et lire les journaux pendant quelques minutes juste pour pouvoir se dire qu’il était parti quand lui l’avait décidé. La sagesse, c’est pas forcément un truc de vieux.

 

Enfin, le candidat est là, on me dit ou m’installer et je le maquille en 3 minutes chrono puisqu’encore une fois, le service minimum est requis pour ce genre de presta, petite surprise, je dois maquiller un de ses collaborateurs, ce n’était pas annoncé dès le départ mais vu le peu de produits et le peu de temps que cela me prend, je ne fais pas d’histoire pour rien et enchaine avec le deuxième.

Je ramène le précieux paquet de lingettes démaquillantes à la secrétaire et au moment de prendre congé, un des conseillers me demande à son bureau pour un service de la plus grande importance. Il voudrait que je lui dresse une liste de produits de première urgence si il faut que la personnalité politique a une apparition télévisée de dernière minute et qu’il n’y a donc pas le temps de faire appel à une maquilleuse.

Je ne sais pas qui se chargera de ça si jamais cela se produit mais je propose tout de même une toute petite sélection de produits. En résumé, je pars du principe qu’on est au niveau zéro de la notion en maquillage. En premier, je recommande l’achat de papiers de soie matifiants, l’avantage, c’est qu’on ne peut pas se rater puisqu’il ne s’agit pas d’appliquer quoique ce soit mais juste de retirer l’excès de seébum et empêche ainsi la peau de briller. En deuxième, un bronzer mat avec un pinceau kabuki rétractable. J’ai lourdement insister sur le mat car beaucoup de poudres de soleil sont irisées donc sur un homme qui essaie de faire croire qu’il n’a rien sur le visage, c’est mort. Et le pinceau rétractable, c’est pour le coté hygiène car je me doute bien que le pinceau va un peu trainer n’importe ou lorqu’il ne sera pas utilisé.

D’un coup je me suis sentie hyper impliquée dans la campagne présidentielle! L’expérience en générale a été plutôt agréable et m’a un peu réconcilié avec les hommes politiques et leurs peaux car, par le passé, j’en ai eu beaucoup de plus de 50 ans avec une peau sèche, terne et avec des points noirs clairement là depuis plusieurs décennies. Rien de tout cela n’a effleuré mon pinceau fond de teint ce jour là.

Le shooting de lingerie érotique

le shooting de lingerie érotique

 

J’utilise un peu mon blog comme une capsule témoin de mon parcours professionnel, histoire de me rappeler toutes les anecdotes de travail qui me sont arrivées. Celle que je vais vous raconter aujourd’hui ne date pas d’hier, c’était il y a bien 7 ans maintenant mais c’est pas plus mal car même si je ne vais citer aucun nom, je ne suis pas en contact aujourd’hui avec la plupart des protagonistes! (J’utilise les photos extraites de ce shooting, mais je préserve l’anonymat des filles!)

Je suis sollictée pour  un shooting de lingerie érotique, résumé simplement, on peut appeler ça de la lingerie à trous! Rendez-vous est pris un samedi d’automne et toute l’équipe part de Paris pour rejoindre le client et le lieu du shooting qui se trouve en banlieue assez éloignée, avec ce nom magique le château des contes de fées.

Nous somme un photographe, une maquilleuse/coiffeuse (moi donc!) et 2 mannequins, une blonde et une brune, une diversité de folie dans le casting assuré apr notre client. Cela commence déjà avec une des 2 mannequins qui fait un peu sa petite princesse et s’installe sur le siège avant, sa fourure étalée en guise de couverture et surtout elle recule et baisse son siège au max histoire d’être bien installée pour dormir tout le trajet.

Pouquoi pas. On discute à 3 avec le photographe et l’autre mannequin. On arrive au château, les proprios nous réceptionnent puis nous laissent la journée avec le client accompagnée de sa femme. Le client étant le propriétaire du site internet sur lequel allaient être distribués les dessous shootés ce jour là.

On commence par la coiffure et le maquillage et celle qui était déjà relou dans bagnole commence à me saouler avec son avis sur le maquillage, genre comme quoi ce que je lui fais c’est pas exactement ce qui la met en valeur et elle est bien placée pour le savoir parce qu’elle est aussi maquilleuse (je me suis fait bien sûr un plaisir de vérifier et elle avait à l’époque effectivement un book de maquilleuse en ligne mais seulement des makeup qu’elle avait réalisée sur elle donc elle était maquilleuse comme moi j’étais cuistot!). Voyant qu’elle avait l’air bien relou et qu’elle n’en démordrait pas, je m’exécute et fais ce qu’elle demande.

L’autre ne fait pas d’histoire et se contente très bien des directives du client (car, je ne faisais de toute façon pas ce que je voulais!) et on commence le shooting. Au début c’est plutôt gentil, la lingerie est certes sexy mais rien de vulgaire dans les prises de vue. Il y a quelques accessoires mais c’est du type règle d’écolière et lunettes de maitresse. Les filles jouent le jeu sans problème.

Et puis vient le moment, ou on demande à la relou de poser avec un vrai sextoy dans la main. Elle commence à faire la mou et rechigner, le client ne comprend pas ou est le problème, en mode « je la paye là? non? » et cela traine un peu. Elle essaie de poser à coté mais sans le tenir à la main mais le client est très clair, elle commence à me jeter des regards désespérés comme si je pouvais intervenir (et comme si j’en avais envie après le caca boudin qu’elle m’avait fait avant) et elle finit par faire ce qu’on lui demande.

J’avoue m’être un peu délectée de ce moment car j’étais présente bien sûr en grande professionnelle pour prévenir toutes retouches makeup ou cheveux. Je pensais que je venais de vivre le meilleur moment de la journée mais non! La femme du client qui s’était fait discrète comme une souris jusque là, n’y tenant plus, propose de poser avec les filles. On a pas le temps de répondre qu’elle est déjà partie se foutre à poil et les 2 mannequins (qui sont donc des professionnelles) arborent les sourires crispés de circonstance en attendant son retour.

Avec le photographe, on est mort de rire (à l’intérieur) mais le client décide et il a l’air tout à fait partant avec l’idée de faire poser sa femme dans le cadre de ce shooting pro pour son site, elle vient donc prendre la pose au milieu des 2 filles qui sont clairement en train de se demander si c’est une caméra cachée.

Pleine de bonne volonté, j’ai évidemment au préalable assuré une retouche makeup, histoire qu’elle cadre un peu mais c’est vrai, d’un seul coup, le shooting n’a plus l’air pro du tout et on a l’impression de participer aux photos personnelles du couple. Entendons-nous bien, la femme du client est très jolie mais avec 10 ans facile de plus que les filles et avec 20 cm de moins, elle fait un peu tâche et surtout, elle pose avec sa lingerie personnelle.

On y passe la journée mais la séance photo prend fin et on se prépare à repartir. On échange les contacts notamment nos pseudo sur Facebook et salut, à la prochaine.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là! le Facebook du client à but professionnel s’est très vite transformé en compte privé pour sa femme. Elle s’en servait pour trouver des filles, on a un peu mieux compris son exhibitionnisme soudain pendant le shooting,  d’ailleurs j’ai été très surprise de voir que son compte ne se faisait pas supprimé mais bon après avoir ri un bon coup à ce sujet avec le photographe, on l’a enlevé de nos contacts et on a repris le cours de nos vies.

 

le shooting de lingerie érotique