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Make Up Forever, une belle histoire

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La plupart d’entre vous le savent, je suis maquilleuse depuis maintenant 13 ans et je suis amenée de temps e temps à faire des formations ou me renseigner à titre personnel sur des marques, la plupart maquillage mais certaines sont plus axées soin ou parfum.

En l’occurrence, aujourd’hui, je vais vous parler de ce qui est le plus proche de moi, une marque de maquillage et professionnelle qui plus est: il n’y aucun suspense, tout est dit dans le titre Make Up Forever (la photo ci dessus est le look proposé par Make Up forever pour le printemps 2011, un de mes préférés!).

Avec Mac, c’est certainement la marque de maquillage professionnelle la plus connue du grand public. Enormément de maquilleuses et maquilleurs français apprennent leur métier avec cette marque et elle est très facile à trouver puisque distribuer chez Sephora, je me suis dit que c’était donc la candidate idéale pour un article qui revient sur l’historique de la marque.

 

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Tout démarre avec Dany Sanz, la créatrice de la marque. Elle a d’abord fait les Beaux-Arts et a commencé a travailler dans le théâtre en  tant que décoratrice. Les maquilleurs du théâtre sont venu solliciter son aide un jour qu’on leur demandait de réaliser des maquillages plus artistiques, ils avaient pu apprécier son travail de peintre et lui ont proposer de transposer son travail sur des visages.

C’est donc un peu par hasard que Dany Sanz a commencé le maquillage mais l’expérience s’étant révélée concluante et elle décida très vite d’étendre sa créativité aussi sur le corps. Le body painting n’existait pas encore vraiment à l’époque puisque personne n’en avait eu encore l’idée, mais c’est devenu une des passions de Dany et un des piliers fondateurs de la marque Make Up Forever.

Elle considère le Body Painting comme un moyen d’expression à part entière et commence à l’enseigner. Elle se fait aussi remarquer en tant que maquilleuse artistique grâce à ses créations et attire l’attention des médias et des professionnels

Dans les années 70, Danny décide de créer son école de maquillage à Paris, la 1ère du genre en Europe. Elle propose bien sûr des cours axés sur le maquillage artistique mais se retrouve très vite limitée par le peu de choix de produits à disposition à cette époque. Sous l’impulsion des élèves de son école, elle décide de créer ses propres produits de maquillage, la légende raconte même que ce sont ces mêmes étudiants qui ont participer au financement des produits. Danny élabore les produits, leurs compositions, textures toute seule dans sa cuisine;

Le succès est également au rendez-vous pour son école de maquillage et elle décide d’officialiser sa ligne de maquillage en 1984, date à laquelle nait sa marque: Make Up Forever

Le nom a d’ailleurs été trouvé au sein de son école, le mot Makeup était déjà universel à l’époque et Forever sonnait bien et s’est avéré bien pensé quand on connais le succès que la ligne Aqua (waterproof et longue durée) a eu par la suite.

 

poupoune in make up land- make up forever, 5 rue de la boétie

Tout se passe désormais au 5 rue de La Boétie dans le 8ème à Paris ou elle enseigne le maquillage la journée et s’enferme dans le sous-sol souvent accompagnées de quelques élèves l nuit pour élaborer des nouvelles formules pour sa marques. La boutique Make Up Forever n’a d’ailleurs pas changé de place et vous la trouvez toujours à cette adresse (la photo est empruntée à Poupoune In Make Land pour cet article de juin 2010.)

Jusqu’au début des années 90, la marque s’étend et elle est à l’usage des professionnels qui la plébiscite dans le monde entier notamment informés par cette communauté d’anciens élèves venus de tous les pays et qui ont continué à propager la bonne parole une fois rentrés chez eux. La marque a en effet proposée rapidement un large choix de produits, notamment sa collection de 100 fards à paupières en mono mais aussi des produits qu’elle était la seule à proposer à l’époque: des poudres irisées, des pigments purs, des paillettes et des palettes de rouges à lèvres.

 

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La marque s’ouvre ensuite au grand public aidé en cela par la création de la 1ère usine de la marque aux portes de Paris qui lui permet ainsi de se commercialiser à une plus grande échelle et de garder une fabrication française.

Elle débarque en 1996 chez Sephora et intègre le géant mondial LVMH en 1999, Dany Sanz reste en charge de la création produits et ne perd pas de vue sa passion pour l’enseignement puisque la Make Up For Ever Academy ouvre ses portes en 2002 à Paris, elle sera suivie par d’autres un peu partout dans le monde, on peut citer New York, Séoul, Hong Kong mais aussi Bruxelles et Helsinki. En 2015, Make Up Forever créé une école spécialisée en maquillage cinéma, La TV & Cinéma Academy à la cité du cinéma à Saint, celui-là même initié par Luc Besson qui est un énorme pôle cinématographique ou sont tournés entre autres Le Bureau des Légendes (série Canal Plus) ou Lucy de Luc Besson (2014).

 

Make Up Forever garde encore aujourd’hui son ADN et propose des produits à l’usage des professionnels (effets spéciaux, maquillage artistique) et aussi des produits pensés pour les professionnels mais qui rencontrent aussi un franc succès auprès du grand public: la gamme HD et maintenant Ultra HD qui proposent des fonds de teint, correcteurs ou poudres invisibles sous l’œil des caméras mais qui sont aussi parfaitement transposable dans un usage quotidien ou le teint est ainsi lumineux et corrigé sans effet de matières ou textures.

La marque a depuis fait de nombreuses collaborations avec le milieu artistique. En 2010, elle proposait un magnifique rouge à lèvres Moulin Rouge issue de sa collaboration avec le cultissime cabaret parisien du même nom. Mais aussi en 2012, la maquilleuse Gina Brooke a utilisé la marque pour réaliser tous les looks de Madonna lors du MDNA World Tour, notamment la gamme Aqua qui lui garantissait une tenue parfaite.

 

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On termine avec la nouveauté de la marque, le fond de teint Waterblend composé à 80% d’eau et qui promet un fini ultra naturel et waterproof. Ce n’est pas vraiment une nouveauté puisqu’il existait déjà depuis pas mal d’années. Il a été amélioré au niveau de la texture et des actifs hydratants qui le compose. Il fait l’objet d’une campagne avec certains influencées en ce moment, le Waterblend Challenge où ils testent sa tenue tout au long de la journée.

 

Je pourrais continuer encore très longtemps mais l’idée était de présenter l’histoire de la marque, j’espère qu’elle vous aura intéressé et que vous aurez retenue l’essentiel, c’est une marque française créer par une maquilleuse professionnelle qui a déjà plus de 30 ans d’existence.

Le shooting de lingerie érotique

le shooting de lingerie érotique

 

J’utilise un peu mon blog comme une capsule témoin de mon parcours professionnel, histoire de me rappeler toutes les anecdotes de travail qui me sont arrivées. Celle que je vais vous raconter aujourd’hui ne date pas d’hier, c’était il y a bien 7 ans maintenant mais c’est pas plus mal car même si je ne vais citer aucun nom, je ne suis pas en contact aujourd’hui avec la plupart des protagonistes! (J’utilise les photos extraites de ce shooting, mais je préserve l’anonymat des filles!)

Je suis sollictée pour  un shooting de lingerie érotique, résumé simplement, on peut appeler ça de la lingerie à trous! Rendez-vous est pris un samedi d’automne et toute l’équipe part de Paris pour rejoindre le client et le lieu du shooting qui se trouve en banlieue assez éloignée, avec ce nom magique le château des contes de fées.

Nous somme un photographe, une maquilleuse/coiffeuse (moi donc!) et 2 mannequins, une blonde et une brune, une diversité de folie dans le casting assuré apr notre client. Cela commence déjà avec une des 2 mannequins qui fait un peu sa petite princesse et s’installe sur le siège avant, sa fourure étalée en guise de couverture et surtout elle recule et baisse son siège au max histoire d’être bien installée pour dormir tout le trajet.

Pouquoi pas. On discute à 3 avec le photographe et l’autre mannequin. On arrive au château, les proprios nous réceptionnent puis nous laissent la journée avec le client accompagnée de sa femme. Le client étant le propriétaire du site internet sur lequel allaient être distribués les dessous shootés ce jour là.

On commence par la coiffure et le maquillage et celle qui était déjà relou dans bagnole commence à me saouler avec son avis sur le maquillage, genre comme quoi ce que je lui fais c’est pas exactement ce qui la met en valeur et elle est bien placée pour le savoir parce qu’elle est aussi maquilleuse (je me suis fait bien sûr un plaisir de vérifier et elle avait à l’époque effectivement un book de maquilleuse en ligne mais seulement des makeup qu’elle avait réalisée sur elle donc elle était maquilleuse comme moi j’étais cuistot!). Voyant qu’elle avait l’air bien relou et qu’elle n’en démordrait pas, je m’exécute et fais ce qu’elle demande.

L’autre ne fait pas d’histoire et se contente très bien des directives du client (car, je ne faisais de toute façon pas ce que je voulais!) et on commence le shooting. Au début c’est plutôt gentil, la lingerie est certes sexy mais rien de vulgaire dans les prises de vue. Il y a quelques accessoires mais c’est du type règle d’écolière et lunettes de maitresse. Les filles jouent le jeu sans problème.

Et puis vient le moment, ou on demande à la relou de poser avec un vrai sextoy dans la main. Elle commence à faire la mou et rechigner, le client ne comprend pas ou est le problème, en mode « je la paye là? non? » et cela traine un peu. Elle essaie de poser à coté mais sans le tenir à la main mais le client est très clair, elle commence à me jeter des regards désespérés comme si je pouvais intervenir (et comme si j’en avais envie après le caca boudin qu’elle m’avait fait avant) et elle finit par faire ce qu’on lui demande.

J’avoue m’être un peu délectée de ce moment car j’étais présente bien sûr en grande professionnelle pour prévenir toutes retouches makeup ou cheveux. Je pensais que je venais de vivre le meilleur moment de la journée mais non! La femme du client qui s’était fait discrète comme une souris jusque là, n’y tenant plus, propose de poser avec les filles. On a pas le temps de répondre qu’elle est déjà partie se foutre à poil et les 2 mannequins (qui sont donc des professionnelles) arborent les sourires crispés de circonstance en attendant son retour.

Avec le photographe, on est mort de rire (à l’intérieur) mais le client décide et il a l’air tout à fait partant avec l’idée de faire poser sa femme dans le cadre de ce shooting pro pour son site, elle vient donc prendre la pose au milieu des 2 filles qui sont clairement en train de se demander si c’est une caméra cachée.

Pleine de bonne volonté, j’ai évidemment au préalable assuré une retouche makeup, histoire qu’elle cadre un peu mais c’est vrai, d’un seul coup, le shooting n’a plus l’air pro du tout et on a l’impression de participer aux photos personnelles du couple. Entendons-nous bien, la femme du client est très jolie mais avec 10 ans facile de plus que les filles et avec 20 cm de moins, elle fait un peu tâche et surtout, elle pose avec sa lingerie personnelle.

On y passe la journée mais la séance photo prend fin et on se prépare à repartir. On échange les contacts notamment nos pseudo sur Facebook et salut, à la prochaine.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là! le Facebook du client à but professionnel s’est très vite transformé en compte privé pour sa femme. Elle s’en servait pour trouver des filles, on a un peu mieux compris son exhibitionnisme soudain pendant le shooting,  d’ailleurs j’ai été très surprise de voir que son compte ne se faisait pas supprimé mais bon après avoir ri un bon coup à ce sujet avec le photographe, on l’a enlevé de nos contacts et on a repris le cours de nos vies.

 

le shooting de lingerie érotique