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Les clientes et leur vocabulaire

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Le maquillage est un domaine qui intéresse beaucoup de filles mais cela n’en fait pas pour autant des expertes! Il m’arrive d’entendre des choses assez inattendues et j’ai parfois du mal à comprendre ce que les clientes veulent! En prestation particulière ou en parfumerie!

J’ai l’habitude d’entendre les mecs dirent n’importe quoi, j’ai une fois eu un qui m’ a très sérieusement tendu un blush en me disant: « c’est ça, un mascara? »

Le grand classique est la liste de synonyme approximatif interminable que les clientes me sortent pour désigner un pinceau:
Brosse, plumeau, fourche (oui, fourche, j’avoue que j’ai eu du mal à percevoir ce qu’elle demandait ce coup-ci!)

l’autre récurent est la mauvaise désignation du bronzer:
synonyme officiel; la poudre de soleil
synonymes proposés par les clientes:
le premier reste Terracota qui est effectivement un bronzer mais est la seule propriété de la marque Guerlain.

Mais j’ai aussi le droit très régulièrement: « je cherche un blush marron » qui peut sembler juste mais la grande différence entre le blush et le bronzer et leur positionnement respectif sur le visage et bien sûr leur but: on réchauffe le teint avec le bronzer, on donne bonne mine avec un blush. Il y a même beaucoup de filles qui ont pris l’habitude de mettre les 2 en même temps.

Et la crème de la crème: « vous avez un blush amaigrissant? » qui m’a bien sûr était demandé par une jeune fille aux joues bien rebondies, encore une fois, pas une appellation complètement fausse mais surprenante.

 

On m’a déjà demandé de la pâte aussi, avec toujours cet air méprisant quand je ne comprends pas à la seconde ce que cela désigne: « vous savez, la pate pour le visage! »… Du fond de teint peut-être? Parce qu’il arrive aussi qu’on me le désigne comme la base! Le fond de teint semble être assez obscure pour pas mal de fille et elles sont totalement désarçonnées quand je leur explique qu’il ne sert pas à donner bonne mine!

 

Dans le même genre, on me parle souvent du produit pour peindre les ongles, un vernis peut-être?

Et là, où elles ont toutes envie de me taper, c’est quand je les reprends lorsqu’elle me demande un gloss mat. Vous voulez dire un rouge à lèvres liquide mat? Pour rappel, gloss vient de l’anglais et signifie brillant!!

Il y aussi les questions de fond essentielles que les clientes te posent:

« est-ce que je mettre une base paupières sans mettre de fard à paupières après? »

« Je veux un rouge à lèvres mat qui brille »

« Je cherche une brosse pour mascarer les cils »

Et dans le genre WTF:

« Ce mascara est vraiment génial, je le porte depuis une semaine »

« J’utilise du lait de vache pour me démaquiller, c’est comme du lait démaquillant, non? »

A une cliente à qui je montrais un swatch d’un fard à paupières noir à coté d’un fard à paupières blanc (et je n’exagère pas!): « Je ne vois pas la différence entre les 2! »

Maquilleuses et esthéticiennes

Je ne pourrais jamais faire cesser complètement l’amalgame que font les gens entre esthéticienne et maquilleuse mais une petite mise au point par écrit ne peut pas faire de mal. Il arrive en effet très souvent que lorsque les gens me demandent ce que je fais dans la vie, je reponds: « maquilleuse » et là, ils enchaînent avec un mystérieux: « ah!! t’es esthéticienne! »  -_-

Que ce soit bien clair, je n’ai rien contre les esthéticiennes, juste on ne fait pas le même métier!

 

Maquilleuse

 

Les esthéticiennes

Je ne suis pas trop mal placée pour en parler, j’ai fait un BTS esthétique-cosmétique (oui, c’est comme ça qu’on dit!) avant de faire mon école de maquillage et de me lancer dans le monde du travail.

Ce BTS autrement connu comme BTS prostipute qui nous permet de devenir « esthétichienne » ou encore « prépa au concour Miss France », les blagues pourries ne manquent pas!

Chaque école organise les cours un peu comme elles le veulent. Pour ma part, on avait 36h de cours par semaine dans 1/3 de pratique (qui comprend soin visage, soin corps, manucure, épilation et maquillage). La théorie était constituée de matières aussi diverses que variées: cosmétologie, anglais, biologie cutanée, marketing, économie, vente, français, dessin, physique-chimie et j’en passe. Il nous était également demandé un minimum de 5 semaines de stage sur les 2 ans de formation.

J’ajouterai que bien souvent les cours de maquillage sont assurés par des professeurs qui ont également passé le BTS esthétique ce qui ne fait pas d’elles des maquilleuses. Encore une fois, pour avoir fait les 2, on aborde le maquillage de manière complètement différente et pas avec le même niveau d’exigence.

Il existe aussi bien évidemment le CAP et le BP esthétique.

 

Les débouchés:

Esthéticienne en institut bien sûr mais le BTS permet aussi d’être patronne de son propre institut ou responsable d’un SPA. On peut bien sûr aussi s’orienter vers la parfumerie mais il existe des formations beaucoups plus ciblées pour celles qui souhaitent devenir commerciale/formatrice/animatrice pour une marque.

 

 

Les maquilleurs/euses

Ici pas de diplôme reconnu par l’état, il n’existe donc que des écoles privées qui pratiquent l’enseignement qu’elles souhaitent ainsi que des tarifs très variables d’une école à une autre.

Certains se lancent avec succès en autodidacte mais ici pas de formule miracle non plus, les parcours sont très variables avec aucune garantie de réussite derrière.

J’ai fait une formation en 9 mois partagée en 3 thématiques de 3 mois chacune: le maquillage beauté , le maquillage cinéma, le maquillage scène. A ces cours pratiques s’ajoutait des cours de dessins, des cours d’histoire du maquillage et divers intervenants. Des stages été proposés tout au long de l’année dans divers domaines.

 

Les débouchés:

Si on s’oriente vers le cinéma et/ou la scène (théâtre et opéra) et qu’on imagine que cela fonctionne pas trop mal, on devient intermittent du spectacle.

 

Si on s’oriente vers la mode, c’est le free lance avec aussi toutes les difficultés financières que cela peut comporter. On peut aussi créer une micro-société ou avoir le statut d’autoentrepreneur, chacun détermine ce qui correspond le mieux à sa situation.

 

La télé peut être un bon compromis pour celles qui souhaitent avoir des revenus fixes, voir même un CDI mais on ne rentre pas en télé aussi facilement et c’est bien souvent par le biais d’une relation qu’on commence dans ce milieu.

 

Il reste aussi l’animation pour une marque de maquillage, cela peut aussi être un moyen d’avoir des revenus fixes pour celles que la précarité financière effraie mais le maquillage devient alors une activité secondaire et le coté commercial de ce métier prend clairement le dessus. Encore une fois, ce n’est pas une critique de ma part, il faut juste savoir vraiment ce qu’on veut faire avec ce diplôme de maquilleuse.

Vous l’aurez compris, vous croiserez difficilement une maquilleuse dans un institut, elle n’est absolument pas formée à faire des soins ou épilations. De même que dans un institut, le maquillage est la prestation la moins pratiquée loin derrière les épilations et les soins.

 

Pour celles que cela intéresserait, j’ai fait l’école Peyrefitte à Lyon pour mon BTS esthétique et l’école Sup’maquillage toujours à Lyon.